TIFF a placé I Play Rocky dans ses Special Presentations, au sein de son édition organisée du 10 au 20 septembre. FilmNation avait confirmé dès le 20 juillet que le long métrage y ferait sa première mondiale ; le calendrier de billetterie fixe désormais le premier rendez-vous au samedi 12 septembre à 18 h dans le Visa Screening Room du Princess of Wales Theatre.

Deux autres projections sont programmées : le 13 septembre à 11 h 15, de nouveau au Princess of Wales Theatre, puis le 18 septembre à 17 h 45 au TIFF Lightbox. La prévente est annoncée pour le 26 août à midi, heure de Toronto, avant une vente générale prévue le 31 août.

Toronto verra le film avant le public américain

Amazon MGM Studios garde donc plusieurs semaines entre la première festival et l'exploitation commerciale. Le studio annonce une première sortie américaine limitée le 6 novembre, suivie d'un élargissement plus tard dans le mois. Metropolitan FilmExport fixe de son côté la sortie française au 23 décembre.

Cette distance donne à Toronto un rôle assez classique mais important : les premières réactions pourront exister avant que la campagne de sortie ne soit entrée dans sa dernière ligne droite. Le film n'arrive pas non plus seul sur un petit festival spécialisé. TIFF rassemble presse internationale, acheteurs, professionnels et un public suffisamment large pour qu'une réception enthousiaste puisse rapidement changer le volume d'une campagne.

FilmNation a déjà annoncé l'étape suivante. Après Toronto, I Play Rocky doit faire sa première européenne au Zurich Film Festival.

Peter Farrelly revient sur un terrain qui lui avait plutôt réussi

En 2018, Green Book avait lui aussi fait sa première mondiale à Toronto. Le film de Farrelly avait remporté le People's Choice Award avant de poursuivre une saison des prix conclue notamment par l'Oscar du meilleur film, celui du meilleur scénario original et celui du meilleur acteur dans un second rôle pour Mahershala Ali.

Ce précédent explique pourquoi le retour du réalisateur au TIFF sera scruté. Il ne constitue évidemment pas une formule reproductible. Toronto a lancé beaucoup de campagnes et enterré quelques certitudes ; huit ans ont passé, le calendrier a changé et I Play Rocky doit d'abord convaincre avec son propre film.

La matière possède malgré tout le profil d'un récit capable de fonctionner devant un public. Le film transforme la fabrication de Rocky en histoire d'underdog : Sylvester Stallone est encore un acteur inconnu lorsque son scénario intéresse Hollywood, mais il refuse de le vendre s'il ne peut pas incarner Rocky Balboa lui-même.

Anthony Ippolito doit jouer Stallone sans simplement l'imiter

Anthony Ippolito tient le rôle principal. Le choix possède déjà une petite logique méta : il avait incarné un jeune Al Pacino dans The Offer, série consacrée aux coulisses de la production du Parrain. Le voilà de nouveau chargé de rejouer la naissance d'un monument du cinéma américain, mais cette fois le personnage dont il emprunte la voix et le visage est aussi celui qui écrit le film à l'intérieur du film.

La bande-annonce insiste beaucoup sur la ressemblance, les difficultés d'élocution de Stallone et plusieurs images devenues indissociables de Rocky. Ippolito court avec le chien, s'entraîne, frappe la viande et atteint les marches du Philadelphia Museum of Art. Le risque est assez évident : reproduire les icônes est facile à vendre dans une bande-annonce ; faire exister Stallone entre ces images demandera davantage.

AnnaSophia Robb, Matt Dillon, Stephan James, Tracy Letts, Jay Duplass, P.J. Byrne et Toby Kebbell figurent également au casting. Peter Gamble signe le scénario, tandis que Farrelly réalise et produit aux côtés de Toby Emmerich et Christian Baha.

Un anniversaire parfaitement placé dans le calendrier

Amazon MGM a construit sa sortie américaine autour du cinquantième anniversaire de Rocky. Le studio présente d'ailleurs I Play Rocky comme l'underdog story derrière l'underdog movie : la campagne ne cherche pas vraiment à dissocier le nouveau film de la mémoire du classique de 1976.

Toronto permettra de savoir si cette idée tient encore lorsqu'elle dure un long métrage et qu'un public regarde Anthony Ippolito autrement que dans deux minutes de bande-annonce.

La première mondiale de I Play Rocky aura lieu le 12 septembre à 18 h au TIFF.